Gros caractères, interligne, contraste : le vocabulaire de nos fiches
Corps, interligne, contraste, pictogramme : quelques mots du métier d'une fiche imprimable expliqués simplement, pour comprendre pourquoi nos aide-mémoire se lisent sans effort.
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Le corps du texte, c'est la taille des lettres
Quand je prépare une fiche, le premier mot que j'emploie est « corps ». Il désigne simplement la taille des lettres. Un journal utilise souvent un corps de neuf ou dix points, ce qui fatigue vite les yeux après cinquante-cinq ans. Sur nos aide-mémoire, le texte courant est nettement plus grand, et les titres le sont davantage encore.
Pourquoi ne pas tout écrire en très grand ? Parce qu'une page où tout crie ne guide plus personne. Je garde donc deux ou trois tailles seulement : une pour le titre, une pour les consignes, une plus discrète pour les rappels. L'œil comprend ainsi, avant même de lire, où commencer et où s'arrêter.
Lors des ateliers à Waterloo, il m'arrive de poser deux versions d'une même fiche côte à côte. Presque toujours, les participants choisissent d'eux-mêmes la plus grande, sans que j'aie à les convaincre.
L'interligne, l'espace qui laisse respirer
L'interligne est l'espace entre deux lignes. Trop serré, les lignes se mélangent et l'on perd sa place en descendant. Trop large, la phrase se découpe et le sens se perd. Nous visons un espace confortable, à peu près une fois et demie la hauteur des lettres, qui permet de suivre une consigne du doigt sans glisser sur la ligne voisine.
Je tiens aussi à ce que les lignes restent courtes. Une consigne qui s'étire sur toute la largeur d'une feuille oblige à chercher la suite à l'autre bout de la page. Deux ou trois lignes par étape suffisent, avec un blanc généreux entre chaque étape.
Ce blanc n'est pas du gaspillage de papier. C'est la place où l'on pose son stylo pour cocher, ou son pouce pour retenir l'endroit où l'on en est.
- Une étape par bloc, jamais deux gestes dans la même phrase
- Un blanc visible entre chaque étape
- Des lignes courtes, faciles à suivre du doigt
Le contraste, ou la différence entre le texte et le fond
Le contraste mesure l'écart entre la couleur des lettres et celle du papier. Des lettres gris clair sur fond blanc paraissent élégantes, mais elles s'effacent dès que la lumière baisse. Nous imprimons en noir franc sur blanc mat, parce que c'est ce qui se lit le mieux dans une cuisine éclairée par une lampe ou près d'une fenêtre en fin d'après-midi.
Le papier lui-même compte. Un papier brillant renvoie les reflets de la lampe et rend la lecture pénible. Je recommande un papier ordinaire, mat, sans effet de miroir, que n'importe quelle imprimante de la maison sait produire.
Quand une couleur est utile, par exemple pour repérer le bouton à toucher, elle ne porte jamais seule l'information : le mot est toujours écrit à côté, car tout le monde ne distingue pas les couleurs de la même façon.
Le pictogramme et la capture d'écran annotée
Un pictogramme est le petit dessin qui représente une fonction : la roue crantée pour les réglages, l'ampoule pour la luminosité. Sur une fiche, je le reproduis en grand et je le nomme toujours en toutes lettres. Reconnaître l'image sans connaître son nom, c'est déjà une moitié de chemin parcourue.
La capture d'écran annotée est une image de ce que montre vraiment l'appareil, avec une flèche ou un cercle sur l'endroit à toucher. Elle rassure beaucoup, car on compare ce que l'on voit sur la feuille à ce que l'on a sous les yeux. Je n'en mets qu'une par étape pour ne pas surcharger.
Ces images s'inspirent des parcours de l'écran d'entraînement : on peut donc refaire le geste sur l'écran virtuel, sans risque, avant de le tenter sur son propre appareil.
- Le dessin et son nom écrits ensemble
- Une seule image annotée par étape
- Un cercle ou une flèche, jamais les deux
Le pas à pas, l'ordre qui évite les fausses manœuvres
« Pas à pas » n'est pas un slogan, c'est une règle de construction. Chaque étape est numérotée, commence par un verbe d'action et ne demande qu'un seul geste : toucher, glisser, appuyer longuement. Si une étape en réclame deux, je la coupe en deux. La personne qui lit peut ainsi s'arrêter, reposer sa tablette et reprendre plus tard sans se perdre.
J'ajoute souvent, avant la première étape, une ligne qui dit ce que l'on va obtenir et ce que l'on ne risque pas. Beaucoup de lecteurs craignent d'effacer quelque chose d'important. Savoir d'avance que la manipulation est sans danger change la manière de poser le doigt.
Enfin, la dernière ligne indique comment revenir en arrière. Une fiche qui explique comment annuler est une fiche qui donne de l'assurance.
Relire la fiche avec ceux qui s'en servent
Aucun de ces mots ne vaut s'il n'a pas été éprouvé. Avant de diffuser un aide-mémoire sur le Wi-Fi, la batterie ou les notifications, je le fais lire à des participants qui n'ont pas participé à sa rédaction. Ils soulignent ce qui les arrête, et c'est presque toujours un mot que j'avais jugé évident.
Cette relecture m'a appris à remplacer « paramètres » par « réglages » quand l'écran affiche ce second mot, et à décrire l'emplacement d'un bouton plutôt que son nom technique. La fiche suit l'écran, pas l'inverse.
Si une formulation vous échappe un jour, signalez-la-nous lors d'un atelier ou par le formulaire de contact : une fiche se corrige volontiers, et chaque remarque l'améliore pour les suivants.
Corps, interligne, contraste, pictogramme, pas à pas : ces cinq mots décrivent le travail discret derrière chaque fiche pratique imprimable. Aucun n'est compliqué, et tous servent le même but, celui qu'une feuille posée à côté de la tablette vous rassure au lieu de vous inquiéter. Gardez-la près de vous, annotez-la, froissez-la si nécessaire : elle est faite pour être utilisée, et nous la réécrirons autant de fois qu'il le faudra.